Guide de référence · importateurs et acheteurs

Importer de Turquie vers l'Algérie, le Maroc et la Tunisie

Dernière vérification : 30 septembre 2026 · Sources : Ministère turc du Commerce · Journal du registre du commerce

Deux questions décident de la rentabilité d'une importation, et ce ne sont jamais celles qu'on pose en premier : quel droit de douane s'applique réellement à mon produit, et ce fournisseur turc existe-t-il vraiment. Le reste est de la logistique.

Le cadre tarifaire, pays par pays

Maroc — un accord de libre-échange très affaibli, et qui expire bientôt

L'accord Turquie-Maroc a été signé en 2004 et est entré en vigueur le 1er janvier 2006. Mais un protocole de révision est entré en vigueur le 28 avril 2022, et il change tout.

Les produits turcs ne sont plus exonérés. Depuis le 2 mai 2022, et pour une période de cinq ans, le Maroc les taxe à 90 % du taux NPF qu'il applique. Autrement dit : une remise de 10 % sur le droit normal, et non une franchise.

Et cette période arrive à échéance vers le 2 mai 2027. Ce qui suivra n'est pas encore publié à notre connaissance. Si vous bâtissez un plan d'importation sur plusieurs années, c'est une inconnue qu'il faut inscrire dans votre calcul dès maintenant.

Algérie — il n'existe aucun accord de libre-échange avec la Turquie

Et il faut le dire clairement, parce qu'une page officielle turque laisse croire le contraire. La liste officielle des accords en vigueur du ministère turc du Commerce ne mentionne pas l'Algérie, et le rapport de marché du même ministère précise que l'Algérie a quatre accords préférentiels — avec l'Union européenne, les pays arabes, la Tunisie et la Jordanie — la Turquie n'en fait pas partie. Un portail turc d'aide à l'export affiche pourtant « accord de libre-échange » dans une liste générique pour l'Algérie ; c'est un artefact de gabarit, contredit par les deux sources ci-dessus. Ne bâtissez aucun calcul dessus.

Tunisie — accord en vigueur

La Tunisie figure bien parmi les accords de libre-échange turcs en vigueur. Nous n'avons pas vérifié ses dates ni ses éventuelles révisions, et nous ne les inventerons pas : consultez la fiche Tunisie sur le site du ministère turc du Commerce avant de chiffrer.

Algérie : les contraintes qui tuent une marge

Les droits de douane sont la partie visible. Ce qui fait réellement échouer les opérations, ce sont les contraintes de trésorerie et d'autorisation. D'après le rapport de marché publié par le ministère turc du Commerce (édition 2024) :

Régime d'importation algérien — principales contraintes
ContrainteDétail
Dépôt ANCA de 120 %Pour les marchandises revendues sans transformation, la valeur d'importation majorée de 120 % doit être déposée en banque 30 jours avant le chargement. C'est la contrainte la plus lourde, et celle qu'on découvre trop tard.
Autorisation d'importationRequise pour les matières premières, produits semi-finis et finis destinés à la revente — valable 30 jours seulement.
Domiciliation bancaireObligatoire : l'opération doit être enregistrée en banque avant le traitement douanier.
DAPSDroit additionnel de 30 % à 120 % appliqué à 992 lignes tarifaires dont l'interdiction d'importation a été levée.
Droits et taxesDroits de 5 %, 15 % ou 30 % selon classement · TVA 19 % · taxe de fonds 2 % · retenue de 2 % sur les marchandises revendues sans transformation.
InterdictionsDouze catégories, dont les biens d'occasion — sauf machines de moins de dix ans —, les contrefaçons, les pneus usagés.
Autorisations sectoriellesAnimaux et produits animaux (Agriculture) · médicaments et dispositifs médicaux (Santé) · alcool (Finances) · véhicules : suspension en vigueur sur les positions 87.01 à 87.05 (Industrie) · équipements de télécommunication (ARPT).
Capital étranger100 % admis hors secteurs stratégiques ; majorité algérienne de 51 % requise dans les secteurs stratégiques.
Réserve d'honnêteté : ce rapport est daté de 2024 et la réglementation algérienne évolue souvent. Traitez la liste DAPS et la suspension sur les véhicules comme à reconfirmer au moment de votre opération. Nous vous aidons à le faire ; nous ne vous vendons pas un tableau périmé comme s'il était actuel.

Vérifier un fournisseur turc — ce qui marche vraiment

C'est ici que l'on perd de l'argent, et c'est ici que les conseils en circulation sont les moins fiables. Nous avons testé les outils un par un.

Outils de vérification — ce qu'ils font, et pour qui
OutilUtilisable depuis l'étranger ?
Journal du registre du commerce — annonces depuis 1957, copies certifiéesOui, après une inscription gratuite : la recherche libre exige d'être connecté. C'est la vérification de référence.
Vérification de raison sociale au même registreOui
MERSİS via le portail e-DevletNon. Le service exige une authentification turque et ne renvoie que les entreprises dont la personne connectée est associée ou représentant légal. Il est pourtant recommandé partout comme moyen de vérifier un tiers. Cela ne fonctionne pas.
Vérification de documents auprès de l'administration fiscale — attestation d'assujettissement, documents du bureau fiscal numériqueUtile pour vérifier un document que le fournisseur vous remet — c'est le cas d'usage réaliste pour un acheteur étranger.
Disons-le simplement : les deux seules vérifications qu'un acheteur étranger peut mener seul sont le journal du registre du commerce (après inscription gratuite) et la vérification des documents que le fournisseur vous a lui-même transmis. Tout le reste suppose des identifiants turcs.

Recherche d'annonces au registre · Vérification de raison sociale

Les signaux qui doivent vous arrêter

  • Un fournisseur qui refuse de donner son numéro fiscal ou son numéro de registre du commerce.
  • Une raison sociale qui ne correspond pas à celle du compte bancaire destinataire du virement.
  • Un compte bancaire personnel au lieu d'un compte d'entreprise.
  • Une société immatriculée depuis quelques mois qui propose des volumes importants et des prix bien inférieurs au marché.
  • Une pression à virer l'intégralité d'avance, sans lettre de crédit ni acompte partiel.
  • Une adresse d'entrepôt invérifiable, et un refus de visite ou d'inspection avant expédition.

Et si vous exportez vers la Turquie

Le mouvement inverse existe aussi, et il est souvent négligé. La Turquie publie chaque année son régime d'importation, avec des modifications en cours d'année — la dernière datant de juillet 2026. Si vous vendez des produits agricoles, textiles ou transformés vers le marché turc, c'est le texte à consulter avant de fixer un prix.

Faites vérifier votre fournisseur avant de virer

Envoyez-nous le nom exact de la société turque, son numéro fiscal ou de registre, et la facture proforma. Nous vérifions son existence au registre du commerce, l'adéquation entre la raison sociale et le compte bancaire, et nous vous disons ce que nous trouvons — y compris quand nous ne trouvons rien. Notre bureau est à Istanbul, à quelques minutes des chambres de commerce et des notaires.

Faire vérifier un fournisseur